Alinghi revient finalement sur la Coupe sous le nom de Tudor Team Alinghi. L’équipe a officialisé sa participation à la 38e America’s Cup ce mercredi 21 janvier à Naples et fait partie des 5 équipes fondatrices de l’America’s Cup Partnership. Ernesto Bertarelli, patron de l’équipe Suisse était présent en personne pour défendre la nouvelle organisation mise en place. Interview.
Cuplegend : Quelles ont été les difficultés de la mise en œuvre de l’America’s Cup Partnership ? Vous avez plusieurs fois annoncé vous retirer.
Ernesto Bertarelli : Le format de la Coupe jusqu’à présent était un format qui ne favorisait pas la croissance de l’événement ni la multiplication des équipes, puisqu’il s’agissait d’un sport mécanique sans aucune limite. Et quand on a un sport sans aucune limite, on n’a pas de limite sur le financement des équipes, ni sur ce que l’argent peut faire en termes de technologie. Petit à petit, il y a donc une décroissance du nombre d’équipes. Sur la Coupe, le principe auparavant était que le gagnant rafle tout : c’est bien beau, mais c’est par définition un objectif destructeur pour l’événement. Petit à petit, on en est arrivé là. C’est ce que j’ai essayé de faire savoir et de faire comprendre. Heureusement, à force d’insister avec des prospectives et des points de vue différents, on est arrivé à voir la même chose, parce qu’on est tous dans le même bain. On souffre des mêmes difficultés.
On est donc arrivé à ce partenariat, qui va continuer à nous permettre de rivaliser sur l’eau de façon extrêmement dure, tout en nous permettant de nous côtoyer et de promouvoir notre sport ensemble. De la même façon que Roger Federer et Rafael Nadal se battaient jusqu’au dernier point sur un court de tennis, et qu’au sortir des matchs il y avait une amitié qui promouvait l’idée du sport. Ce n’est pas très différent.
La Coupe aura lieu dorénavant tous les deux ans. Il y avait aussi le projet de Grant Dalton d’organiser un championnat en AC40 entre chaque édition. Vous y étiez favorable ?
Non, cela n’a jamais été le cas. Le championnat d’AC40 n’a jamais été la Coupe de l’America. La Coupe de l’America doit être un événement inscrit dans un moment précis, dans une ville qui marque le temps. Effectivement, on ne pouvait pas l’organiser sur deux ans, parce que pour créer l’écrin d’un événement tel que la Coupe de l’America, on a besoin de plus de deux ans. Ce partenariat va donc nous permettre de nous mettre d’accord à l’avance pour prévoir des lieux adéquats, avec suffisamment de temps pour les préparer.
Ce championnat en AC40 était aussi une réponse au SailGP, qui a pris beaucoup d’ampleur… Est-ce que le board de l’ACP pourrait interdire aux skippers de la Coupe de participer au SailGP ?
Le circuit SailGP n’est pas vraiment en concurrence avec la Coupe. C’est très différent. C’est un événement qui se court avec des bateaux tous similaires, principalement en flotte. C’est comme Le Mans et la Formule 1 : ce n’est pas la même chose.
Des régates de série avec des monotypes existeront toujours. Il y a eu les FARR 40, les RC44, les TF35… Ce n’est pas l’intention du board d’interdire aux skippers d’aller régater en SailGP. Ce serait dommage de faire cela.




