La jauge de l’AC75 pour les Nuls

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On doit d’abord féliciter les deux clubs, qui ont respecté les dates sur lesquelles ils s’étaient engagés. On se souvient que lors de la précédente édition, la décision avait beaucoup tardé. Avec le defender d’un côté et le challenger of record de l’autre, ce sont les règles ancestrales de la Coupe qui ont prévalu. Les deux clubs se sont mis d’accord sur les caractéristiques des bateaux avec lesquels ils s’affronteront. Il y avait d’un côté Dan Bernasconi, en charge du design team Kiwi, et de l’autre Martin Fisher (ex-Groupama Team France, mais ex-Luna Rossa auparavant), qui a rejoint le team italien en septembre 2017 et a travaillé avec le defender à définir cette jauge. Un travail de 6 mois qui donne un texte de 60 pages allant très loin dans les détails. Le but : éviter ce qu’il s’est passé pendant la dernière Coupe sur la jauge de l’AC50, ou il y eut plus de 90 interprétations. « C’était une situation assez déstabilisante pour les design teams et il y a eu beaucoup d’incertitude. Avec cette jauge très détaillée, cela donne plus de sécurité pour les design teams, qui savent précisément ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire », précise Martin Fisher. S’il devait résumer l’esprit qui a guidé leur choix de jauge pour l’AC75, il invoquerait le désir de faire un monocoque volant capable d’aller aussi vite que les AC50, de voler à toutes les allures même au près, de pousser l’innovation assez loin sur les voiles pour que cela serve dans l’industrie nautique, et également de redonner toute leur place aux navigants dans la conduite du bateau.

Cette jauge vise également à encourager la R&D en simulation, limiter les coûts en design et construction pour les équipes. Certains parties du bateau seront Onedesign, fournis par l’organisateur, d’autres auront uniquement le plan fourni.

L’autre point clé de cette jauge concerne le concept de ‘soft wing” pour la GV qui a été testé à Auckland par l’équipe de Team New Zealand et dont les organisateurs en espèrent des développements futurs pour la voile de demain. Cette volonté avait été affichée dès septembre mais concernait le bateau dans son ensemble. Elle est « réduite » finalement aux voiles. On imaginait mal cependant tous les monocoques de demain équipés de foils basculants. Des soft wing pourraient en revanche changer beaucoup de choses même si on n’en sait encore peu à ce jour. La jauge intègre le concept de Sail Skin et une limitation sur ces développements.

On notera le souci d’employer des moules « écologiques » pour la construction des moules.

En terme de poids, le bateau devrait peser 7,5t dont 960-990kgs pour l’équipage. Le poids maximum autorisé pour le guest est de 100kgs ; l’organisation a vu large.
La partie foils reste la plus complexe. Depuis l’arrivée des foils, ceux qui s’y intéressent un peu ont appris les notions de rake, de cant. Il va falloir maîtriser maintenant les notions de foil arm, foil wing, foil flap, FCS, MWP et LCP… Dans ce texte de jauge, pour les passionnés, c’est finalement le glossaire au bout des 60 pages qui restent déjà la meilleure première approche.

 

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